Karen Meersohn
Born in Chile, I was introduced at an early age to textile practices (embroidery, knitting, and weaving) through my grandmother, with whom I spent every summer on our family farm in the south of the country. Learned within an intimate, rural context, these gestures constitute the sensitive and foundational core of my artistic practice.
After studying literature and linguistics in Chile and later in Boston, I returned to making through a Master’s degree in Contemporary Ceramics at the University for the Creative Arts in England. Ceramics marked a decisive turning point in my trajectory, yet thread has gradually come to occupy a central place in my work, particularly through embroidery on paper and plastic.
My practice emerges from questions that impose themselves on my lived experience. For many years, my work centered on the body, specifically on the singular experience of inhabiting a body capable of sheltering another. Today, my research focuses on time, understood as the ultimate ground of being: irreducible, omnipresent, and inescapable. In this exploration, the work of artists such as Agnès Martin, On Kawara, Roman Opalka, and Hanne Darboven informs and sustains my reflection.
Rooted in demanding, craft-based gestures and resolutely centered on process, my work interrogates our individual and collective relationship to time. In a late modernity shaped by imperatives of efficiency and the acceleration of daily life, I question our capacity to construct meaningful narratives—both intimate and shared. Adopting a minimalist aesthetic, I privilege reclaimed materials and deliberately restrict my chromatic palette, allowing works to emerge in which repetition, duration, and sustained attention become forms of resistance.
My work has been exhibited in Chile, England, Japan, Brazil, and France. I have presented solo exhibitions at Galerie Saint-Ravy in Montpellier and as part of the annual event Les Futurs de l’Écrit at the Centre culturel de l’Abbaye de Noirlac.
Née au Chili, j’ai découvert très tôt les pratiques textiles (broderie, tricot et tissage) auprès de ma grand-mère, avec qui je passais tous les étés dans la ferme familiale, au sud du pays. Ces gestes appris dans un cadre intime et rural constituent le socle sensible et fondateur de ma pratique artistique.
Après des études en littérature et linguistique au Chili puis à Boston, je suis revenue à la création par le biais d’un Master en céramique contemporaine à la University for the Creative Arts, en Angleterre. Si la céramique a marqué un tournant décisif dans mon parcours, le fil occupe aujourd’hui une place centrale dans mon travail, notamment à travers la broderie sur papier et plastique.
Ma pratique naît toujours de thématiques ou de problématiques qui s’imposent à mon expérience du monde. Longtemps, mon travail s’est articulé autour du corps, et plus particulièrement autour de l’expérience singulière d’habiter un corps capable d’en abriter un autre. Aujourd’hui, ma recherche se concentre sur le temps, envisagé comme le socle ultime de l’être : irréductible, omniprésent et inévitable. Dans cette exploration, le travail d’artistes tels qu’Agnès Martin, On Kawara, Roman Opalka ou Hanne Darboven éclaire et nourrit ma réflexion.
À travers une pratique exigeante dans le geste, héritée l’artisanat et résolument centrée sur le processus, j’interroge notre rapport individuel et collectif au temps. Dans une modernité tardive marquée par l’injonction à l’efficacité et l’accélération constante de nos rythmes de vie, mon travail questionne notre capacité à construire des récits porteurs de sens, tant à l’échelle intime que collective. J’adopte une esthétique minimaliste, privilégiant les matériaux de récupération et restreignant volontairement ma palette chromatique, afin de laisser émerger des œuvres où la répétition, la durée et l’attention deviennent des formes de résistance.
Mon travail a été exposé au Chili, en Angleterre, au Japon, au Brésil et en France. J’ai notamment présenté des expositions individuelles à la Galerie Saint-Ravy à Montpellier ainsi que dans le cadre de l’événement Les Futurs de l’Écrit au Centre culturel de l’Abbaye de Noirlac.